
Législatives 2007 : Le Mouvement Neutre répond présent !
Dé-gou-té. Voilà qu’ils veulent faire l’appel en cours, maintenant. Sous prétexte qu’on sécherait les séances de l’Assemblée. C’est la faute d’un gros fayot membre du comité de réflexion des institutions de la Vème république, Guy Carcassonne. Il a déclaré, au micro de France Inter, qu’il faudrait imposer des retenues – de salaire – aux députés absents.
Quel con, putain, mais quel con !
Faut toujours que le système rattrape ceux qui en profitent !
Des retenues ! Et puis quoi encore : des débats ?
Je le connais, moi, ce Guy. Il est hyper-sérieux, il ne manque jamais un TD, rien. Même les débats sur l’écologie ou les constructions urbaines, il ne les loupe jamais. Jamais ! T’as beau essayer de lui soûler la gueule, il finit toujours par prendre un Coca. Le genre à dire bonjour en entrant dans le métro. Gentil avec tout le monde, même avec les cons.
Lors du vote sur le service minimum – j’y étais pas, je vais jamais au resto les jours de grève, je me suis donc pas senti concerné – on m’a raconté qu’il a salué des ministres communistes. Le truc à pas faire !
En serrant la main d’un communiste, t’as de grande chances de choper le Sida. Alors je te dis pas quand tu l’encules. D’ailleurs je vous ai dit que j’avais rompu avec Clémentine Autain ?
Bah j’ai rompu avec Clémentine Autain.
Elle était idéaliste. En plus d’être une femme.
J’veux dire que pour une femme, elle était encore plus idéaliste que la moyenne des femmes.
Quand l’idéalisme dépasse un certain stade, tu le laisses courir, pour pas qu’il revienne. C’est exactement ce que j’ai fais.
« T’es jamais là, toujours avec tes potes ! » qu’elle gueulait. « Cesse de mettre le cadavre de Freddy Mercury dans tes trous de nez », « Ton accordéon me fatigue, Raymond ! », « Que fait le doigt de pied du Colosse de Rhodes dans la chambre à coucher ?!! » : jamais, jamais contente !
J’ai réussi à me faire une bande, à l’Assemblée. Ouais, je sais, je passe du Coca light. Comment on dit ? Du coq à l’âne ? Bref. Des rebelles à lunettes. On tente de remettre en cause l’ordre établi pernicieusement, par petites doses. L’autre jour Gégé a uriné dans les toilettes sans ouvrir la cuvette. Bon il s’en est foutu partout, mais comme protestation de l’ordre établi, y pas mieux !
Inutile de dire qu’on est plutôt contre Guy Carcassonne. On n’est pas les seuls : Eric Woerth, le ministre du budget, juge la proposition démagogique. Je sais pas trop ce que cela signifie, mais je suis totalement d’accord !
Le peuple pense que les députés se doivent d’être connectés jour et nuit dans l’Hémicycle. Et quand c’est qu’on revient dans notre circonscription, dans ce cas ? Ma circonscription à moi, c’est la rue. Ma circonscription à moi, ce sont les gens, mes électeurs, la foule de tous horizons.
Non je plaisante : ma circonscription a 36 ans et vient du Vaucluse. Une député, elle aussi ! Par contre je sais pas comment elle s’appelle, ça ne fait que six semaines qu’on sort ensemble.
Elle est si belle que ça te coupe l’appétit de parler.
De toute façon sa bouche est bien trop occupée pour y penser.
De toute façon penser n’appartient pas vraiment à son vocabulaire.
Enfin quand je dis vocabulaire, c’est juste un mot. Pas de son vocabulaire, vu qu’elle n’en a pas vraiment.
On peut pas tout avoir, hein.
Bon allez j’vous laisse, faut que j’aille pointer.
Beaucoup d’entre-vous ont remarqué que j’avais très peu posté ces derniers temps. Deux articles en trois semaines, presque autant d’activité que dans le prompteur de Benjamin Castaldi.
Il se trouve que j’avais la chiasse, ceci expliquant cela.
J’ai donc dû sécher les séances de l’Assemblée. Par chance on ne vote rien d’important ces temps-ci, seulement quelques textes pérorés par la droite beaucoup moins passionnant qu’une séance au ciné.
J’ai ainsi vu les Simpsons, dans un cinéma parisien. Les cinés parisiens, comment vous dire : c’est comme les cinés de province, sauf que les fauteuils font la taille du ciné de province. Les pop-corn font la taille du derrière de Roseline Bachelot et les publicités d’avant-film sont si longues qu’on passe des publicités entre ces publicités.
Pour les besoins du public, Jean Mineur a été relooké : il écoute Diam’s, porte des lunettes de soleil et marche dans la merde de chien. Une des rares choses dont on ne doute pas, à Paris, c’est d’y être.
Le film fut bon. Aussi savoureux qu’un Werther’s Original, sans l’horrible grabataire qui va de pair. L’intrigue fut intrigante, le développement développante, ma voisine de gauche ultra-bandante. La séance m’a évadé, moi qui métro jour et nuit dans le trame et… euh, pardon, je reprends : moi qui trame jour et nuit dans le métro et subit les quolibets de mes copains d’assemblée. Bizarrement, et j’ignore si c’est à cause des effluves de mon after-shave, j’en ai reconnu certains à l’écran.
Des rôles de composition, d’autres de décomposition.
Jean-Pierre Raffarin est Homer Simpson, le gaffeur invétéré, le glouton de reconnaissance. Un peu perdu dans ce monde d’adulte, il ne doit son salut qu’à sa famille politique. Sa bedaine rondelette et sa bonne humeur communicative – du moins avant les régionales de 2004 – le rendent attachant, lui, l’homme du peuple. Et ses célébrissimes raffarinades n’ont rien à envier au « D’oh ! » d’Homer !
François Fillon est Marge Simpson, l’intransigeante mère de famille, la barque calme dans un océan de tempête. Elle tient les comptes et gère les caprices de son patron de mari, un incompétent devenu héros de la série par un concours de circonstances. Pas forcément très drôle, mais indispensable à la machine du scénario, elle s’occupe si bien de ses enfants qu’elle a ressentit le besoin de créer une loi sur l’éducation.
François Bayrou est Bart Simpson. Impétueux et incontrôlable, il n’en fait qu’a sa tête. Refusant l’allégeance de ses parents, il s’émancipe par la grâce de l’empirisme et tant pis si les fessés l’escortent ! Le cul rougie par les branlées électorales, le petit François poursuit pourtant son aventure. Bêtement et dans le mur. Car, comme les personnages des Simpsons, il ne grandira jamais.
Le nouveau yaourt Cremosso de Taillefine est Lisa Simpson. Onctueux mais équilibré, son goût de fraise vous comblera de plaisir. Le compagnon idéal des vacances, hihihihi. A 0% de matières grasse, comment ne pas succomber ?
Tex est un homard à la tomate. Ancien participant de la grande croisade de 1095, il a repris dernièrement l’intégrale des plus grands succès de Robert Charlebois, en édition bain-marie. Tous les dimanches, il saute en élastique au dessus du pont de l’Alma et imite avec perfection les fresques de la tapisserie de Bayeux.
Margaret Thatcher est Ravaillac. Insensible au poivre de cayenne, ses super-pouvoirs lui ont permit de refonder le groupe "Au bohneur des Dames". Mais, par le biais d'un échange diplomate entre la Bosnie et une commode de la cuisine de Phil Barney, elle se retrouve dans une cage à jouer de la mandoline pour des singes bonobos insomniaques.
Yau-de-Poêle va très bien, merci pour lui, il se porte comme un gant de toilettes – the sunshine in. Tout à fait possible qu’il est tombé de l’escalier, le train partait à midi 30. Non, enfin sauf si mes cheveux sont secs. On. Je. Je crois que j’ai trop mangé de pop-corn, je me sens pas bien. Où sont… où sont les toilettes ?
Après Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Jack Lang, Jean Pass et Dédé Meyeure, l'éponge gratte-gratte verte qui nous sert de président envisage de confier la présidence du FMI à Dominique Strauss-Kahn.
La FMI est une sorte de type super riche qui ne baisse pas la tête quand des SDF lui demandent de l'argent. Il conseille également les personnes trop stupides pour avoir une économie décente (les Africains, par exemple, qui sont vraiment des gens stupides. La preuve : il meurt de faim alors que les hamburgers de MacDo ne sont qu'à 95 centimes d'euros). Par exemple, le FMI dit que "le capitalisme c'est super, adhérez au capitalisme". Et si le SDF africain demande "mais concernant le SIDA, les famines et la guerre, on fait comment ?", il répond simplement "adhérez au capitalisme, vous verrez, c'est super".
Moi j'ai toujours préféré les RTT au FMI, de toute manière.
Dominique Strauss-Kahn il semble chaud bouillant pour s'occuper du FMI. Il m'a raconté au foot entre midi et deux (il jouait ailier droit et moi défenseur gauche, vu que personne voulait s'y coller) que c'était coefficient 3, président du FMI, au bac. Du coup ça fait réfléchir.
Dans la cour de récré les mécontentements grondent. Y a des UMP d'Alsace qui boudent car on appelle des gauchistes d'Alsace au gouvernement et pas eux et que c'est pas juste mais bon ils grondent pas trop fort quand même sinon Sarkozy il va les mettre sur le banc de touche. Y a Devedjian, qui fait les devoirs de math de François Fillon - il est trop à chier en math, lui - qui a sorti en cours "Je suis pour aller très loin dans l'ouverture, y compris jusqu'aux sarkozystes !". Lol ! Le tollé j'vous raconte pas ! Enfin si j'vous raconte : y a Manuel Valls qui s'est mis à lancer des gommes dans les cheveux d'Alliot-Marie, Azouz Begag qui a déclaré en se touchant le sexe que c'est pas Bayrou qui ferait ça et André Santini en a profité pour foutre un clou sur la chaise du prof !
Il est vraiment trop con, André Santini, mais on l'aime bien. C'est notre Steevy à nous.
Par contre, quand Devedjian s'est mis à insulter l'autre pute de salope sous le préhaut, alors qu'un mec de 4ème filmait la scène avec son téléphone portable, ça a fait moins de vagues. Faut dire qu'Anne-Marie Colombani c'est vraiment une salope : elle sort avec un mec de 1ère STT ! Elle se laisse toucher les seins, en plus, Devedjian doit être amoureux, il a été vénère. Faut le comprendre : tout le monde n'a pas la chance d'avoir mon physique.
Moi je suis pour l'ouverture. On n'arrête pas de me dire que je l'ouvre trop, d'ailleurs. "Raymond, ta gueule, ta gueule putain, il t'en restera des choux-fleurs, du calme !" Ouais enfin on sait jamais, hein. Je préfère dire six fois quelque chose que tout le monde a compris qu'aucune que personne n'a rien compris. J'ai rien compris à ce que je viens de dire, d'ailleurs.
Sarkozy il tente d'être pote avec tout le monde. En même temps il a les meilleurs notes et les meilleurs fringues, ça aide vach'ment. Du coup il propose à toute la cour de rejoindre sa bande. Bon, y a des récalcitrants verts qui refusent (ils sont pas que verts, mais c'était pour le jeu de mot), mais on peut facilement se laisser tenter.
Il a une tchatche d'enfer, en plus. Pas pour rien que c'est lui le chef. Il te regarde droit dans les yeux, en sautillant (pour être à hauteur de tes yeux), et il te berce, te félicite, t'encourage. Ca serait une meuf longtemps que je l'aurais pécho, le Sarko !
A moi, Sarko, il m'a proposé le ministère des feuilles mortes de la cour. Pour l'instant j'ai pas trop de boulot, mais je me prépare déjà pour l'hiver.
Putain, ça va être chaud.
Bientôt une semaine que la rentrée de l’Assemblée Nationale a sonné. Si je ne comprends vraiment rien aux cours, les recrées sont suffisamment longues pour se reposer entre deux roupillons. Le délégué de classe est nouveau, il s’appelle Bernard Accoyer.
Vu comme ça, il est pas très fute-fute, mais bon il est super populaire à cause de ses baskets et en plus c’est le pote à Sarko, le gars qui contrôle la cour. Paraît qu'y a eu une super bagarre pour décider de qui sera le délégué entre lui et Patrick Ollier, un gars pas trop baraqué mais qui a des vannes d'enfer. Moi j'étais pas là ce jour là - je refaisais mes laçets caché sous un escalier, vu que j'ai trop honte de refaire mes lacets (je sais pas trop bien les faire, je m'y remets souvent à cinq, seize fois), mais on m'a raconté que Sarko il est venu casser la gueule à Patrick qui du coup à fermé la sienne j'aurais trop voulu être là pour y foutre ensuite sur Youtube.
Pour l’instant, j’ai pas trop d’amis. Je suis le seul gars de mon quartier, du Mouvement Neutre, et les élèves ont tendance à se grouper par clans, par villes où je sais pas quoi. Le premier jour, j’ai tenté de parler à un communiste – sûrement quelqu’un qui vient d’une commune -, mais il était à moitié sénile alors qu’il n’a que 47 ans, c’est un boulet je crois. Et sur sa trousse, y a des autocollants Lénine dessus, ç’est un peu la honte de traîner avec lui.
Ah oui, on m’a présenté mon assistante parlementaire. Une nana bien roulée avec des gros nibards ; du coup je lui ai dit bonjour. Elle ressemble un peu à Elisabeth Guigou, pour vous situer le bifteck. On a un devoir en commun à préparer. Bosser sur un projet, une question de je-sais-pas-quoi je devais être en train de faire un morpion tout seul quand le prof en a parlé. Enfin bon je lui fais confiance, moi mon truc c’est plutôt l’oral. Même quand j’ai rien à dire je le dis, alors si en plus elle me file des mots, croyez-moi, je vais l’humilier, le tableau !
A un moment c’était midi et j’avais faim, et je lui ai proposé d’aller à la cantine de l’Assemblée. Elle a refusé en me disant qu’elle avait du travail, puis je l’ai vu partir avec François Barouin, qui regardait derrière ses épaules si personne ne le suivait. Ce mec-là avait un truc à cacher, et c’était sûrement pas son érection (qui se voyait à des kilomètres).
Le cantine pffiou c’était bondée comme un hall d’aéroport sauf que l’hôtesse de l’air ressemblait à Roselyne Bachelot, quoi. D’ailleurs elle était là, le nez dans ses frites, avec ses camarades de classe. J’ignore si c’était à cause de mes lunettes où parce que j’avais repris six portions de choux-fleurs, mais personne ne voulait s’asseoir à mes côtés. Du coup j’ai mangé seul, en écoutant les conversations des gens du MODEM, des gothiques – enfin j’crois, faut que j’enquête. J’étais trop loin pour bien entendre, mais par chance ils disaient rien d’intéressant, alors je suis resté trop loin pour pas bien entendre.
Les serveuses de la cantine sont des rapaces : elles servent les frites aux copains de Sarko, du coup les autres ont les choux-fleurs. Moi je m'en fous j'aime les choux-fleurs mais t'aurais vu la gueule des socialistes, ça se voit qu'ils aimaient pas ça, le choux-fleur.
Aujourd’hui, j’ai séché la séance pour aller voir Shrek, mais bon j’irai un autre jour, de toute façon c’est pas tout de suite que je suis interrogé. Faudra peut-être que je me renseigne sur quoi, d’ailleurs. Enfin on verra, j’ai laissé six messages sur le répondeur de mon assistante pour l’inviter au resto, je lui en parlerai si elle accepte : ça nous fera au moins un sujet de conversation.

C'est en plein premier tour de Secret Story qu'a failli s'éteindre l'ancien premier ministre de la France, Michel Rocard, frappé par une hémoragie cérébrale. Vous pouvez néanmoins envoyer, par anticipation pour la prochaine fois, vos condoléances au Parti Socialiste en envoyant MITTERRAND au 5606-36 (1,7 centimes d'euro par SMS) et peut-être gagner un discours de Léon Blum.
Son épouse s'est émue d'un vibrant : "Il va mieux". Espérons maintenant que cette fausse alerte en entraînera d'autres, en particulier chez Ségolène Royal, François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Arnaud Montebourg, Jack Lang et cette grosse feignasse utopiste de Razzye Hammadi.
La tristesse du Blog de Raymond Bounaffou est mesurée. Son hospitalisation ne bouleverse en rien l'équilibre géopolitique du monde, n'influencera ni les résultats de Secret Story ni le repas de ce soir. Avec un peu de chance, les médias parleront un peu plus du Parti Socialiste grâce à cette fausse disparition, mais nous en doutons. Le projet du Parti Socialiste, 1 minute 30 au treize heures de TF1, huit cent fois moins que Grégory Lemarchal en 1 mois.
De toute façon, avec Raymond Barre, le marché des anciens premiers ministres décédés était déjà saturé.
"Rocard malade, que va-t-on boire à l'apéritif?" s'est interrogé, non sans bon sens, mon collaborateur Oncle Dick, par MSN. Je l'ai bien sûr sermonné pour la forme, lui précisant que ça ne se faisait pas de se moquer d'un homme politique, même de gauche. Formidable coup marketing pour Michel Rocard, dont la famille espère maintenant un come back pour les prochaines éléctions municipales s'annonçant pour le moins émouvantes. En respect pour l'homme, espérons une mairie vertigineuse, ne serait-ce que pour emmerder l'UMP.
Faire semblant de mourir, quel excellent moyen pour se faire connaître, quand on ne l'est plus ! A sa place, j'aurais néanmoins attendu la fin de Secret Story, pour un meilleur espace médiatique, mais les aléas du destin sont incompatibles avec ceux du portefeuilles, hélas.
D'ailleurs, toujours selon l'Oncle Dick, Dominique de Villepin songerai à participer à la Star Academy, pour refaire parler de lui. On lui souhaite bonne chance.
Raymond Bounaffou
32, rue du poulpe numismate
92100 Boulogne-Billancourt
Dieu
DTC
Objet : confession intime
Monsieur,
Si je vous écris cette lettre, c'est pour m'excuser au nom de la morale chrétienne, vous, le tout-puissant, plus fort que les sondages IPSOS et les Frosties de Kellogg's. Oh, mamy, oh, mamy j'ai le blues : l'officialisation de la rupture entre François Hollande et Ségolène Royal a agit comme un détonateur dans mon cerveau, d'ordinaire plutôt neutre. Je ne peux me taire plus longtemps : le mensonge a ses limites, même en politique. Mon père, j'ai pécho.
1980. La belle sortait avec Laurent Fabius, dont la réputation naissante le rendait irrésistible auprès des sexes de tout poil, homme ou femme. Le bougre appréciait la compagnie de la jeunette Royal. Sa dentition était encore naturelle et ses cheveux tirés en arrière. J'avais flashé sur sa robe à fleurs au cours d'un débat sur la nationalisation de la Mer du Nord organisé par l'amicale des puceaux de l'ENA, sans vraiment oser lui parler : à l'époque, je pensais naïvement pouvoir séduire par ma simple prestance. Mais elle n'était pas comme les autres, Ségolène, pas comme ces petites suceuses de bites ces bourgeoises faussement prudes dissimulant leur érotisme malveillant derrière des tailleurs Givenchy. Non, Ségolène avait de l'allure. Un visage encore ingrat, mais beaucoup de charme. Une bouche à pipe façon bien à elle de vous faire comprendre qu'elle tenait à vous.
Pour financer ses études, elle vendait des croissants dans le VIème arrondissement, sous l'immeuble de son oncle, PDG de Groupama
Le binôme Fabius/Royal se tenait par la main, Ségolène, 27 ans à peine, était toujours vierge et refusait de céder aux caprices de son roquet ; on le sentait vindicatif, le Fabius ! Si Ségolène organisait, déjà, ces démocraties participatives - sous la forme de surprise-party en short -, elle dédaignait passer à l'offensive. Je me sentais capable d'être son gourou sexuel.
Mon père, je traînais alors avec François Hollande, rencontré lors d'un séminaire sur "la nécessité d'avoir de l'humour pour coucher quand on est moche", et nous chantions, ivres, du Alain Barrière en montant sur elles lors d'émouvantes manifestations où nous montrions nos sexes aux croupes incendiaires des gauchistes à postérieurs avenants criardes et gueulantes sans qu'elles ne s'en aperçoivent. François était un maître dans ce jeu-là. Furtivité et rapidité étaient les deux mamelles testicules de notre action.
Un jour, par erreur, j'effleurai Laurent Fabius. Ségolène, qui l'accompagnait, croisa ses yeux entre les miens. François en est rapidement tombé amoureux, lui aussi : mon humour n'était pas encore aussi aiguisé que le sien, ma seule chance était la vitesse, l'arrogance, le charme. Ou bien le viol, plaisantait-il, conscient de sa supériorité.
C'est finalement cette solution-là que j'ai choisie.
Enfin, à ma décharge, mon père, ce n'était pas exactement un viol. Je m'étais sculpé dans de la barbe à papa le visage de Laurent Fabius. Eméchée, Ségolène s'est laissée prendre au piège comme un lapin de garenne. Cette minute 37 de bonheur, je l'expie en me confessant à vous, seigneur qui n'existe pas.On ne s'est pas vraiment reparlé depuis : dérobant sa virginité convoitée par Fabius, elle rompit immédiatement avec lui, outrée. Chez les Royal, ses choses-là étaient aussi sacrées que la messe de minuit et la coiffure de Danielle Gilbert.
J'avais eu ce que je voulais, charognard, et passait la main à Hollande. Mais, en troublant l'ordre des choses, en ordonnant la rupture du couple Royal-Fabius, j'ai introduit la dame du poitou dans l'hémisphère Hollande et changé la face de la France. Je m'en excuse et reprends des beignets.
Bien à vous, imposteur, et qu'Eric des Musclés me pardonne.
Numismatement vôtre.